Jah Payo : de Chachou Boys à « Ti BAZ », l’histoire d’un artiste authentique

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Kouvèti Atik

Ancien membre de Chachou Boys, guitariste passionné, amoureux du reggae et artiste en pleine construction, Carlens Sabin, alias Jah Payo, dévoile avec « Ti BAZ » un EP de huit titres pensé comme un récit. Entre mémoire, jeunesse, amour, ambition et réalité haïtienne, l’artiste signe un projet qui raconte autant son évolution que le monde dans lequel il grandit.

Jah Payo, alias Carlens Sabin, présente son nouvel EP « Ti BAZ ».

Il y a des artistes qui apparaissent soudainement dans le paysage musical. Et puis il y a ceux dont le parcours s’écrit longtemps avant que le grand public ne découvre véritablement leur nom.

Jah Payo, de son vrai nom Carlens Sabin, appartient à cette seconde catégorie.

Son histoire ne commence pas avec Ti BAZ. Elle remonte à une période où la musique, la guitare, le reggae, le football et l’expérience collective de Chachou Boys contribuaient déjà à façonner l’homme et l’artiste qu’il allait devenir.

Aujourd’hui, avec un EP de huit morceaux, Jah Payo franchit une nouvelle étape. Mais plutôt que de tourner le dos à son passé, il choisit de s’en servir comme matière première.

Ti BAZ apparaît ainsi comme un projet musical, mais aussi comme le reflet d’une évolution personnelle.

L’homme derrière le nom

Avant d’être Jah Payo, il y a Carlens Sabin.

Un passionné de musique qui a progressivement trouvé dans les chansons un moyen de raconter ce qu’il ressent, ce qu’il observe et ce qu’il vit.

Son identité artistique s’est construite à partir de plusieurs expériences qui, à première vue, pourraient sembler éloignées les unes des autres.

La musique d’un côté. Le football de l’autre.

Et pourtant, ces deux univers ont fini par se rencontrer dans son nom d’artiste.

L’histoire commence notamment avec Jah Acoustic, un groupe créé avec des amis. La guitare y occupait une place importante et cette période a renforcé son intérêt pour le reggae.

Puis il y avait le football.

Performant sur les terrains, Carlens était surnommé « Ti Pay » par ses proches. De ce surnom allait naître un jeu de mots qui, associé à son univers musical autour de « Jah », donnerait finalement Jah Payo.

Le nom n’est donc pas une simple signature.

Il porte en lui plusieurs fragments de son histoire.

Jah Payo, artiste haïtien et auteur de l’EP Ti BAZ

 

Jah Payo présente « Ti BAZ », un EP de huit titres qui marque une nouvelle étape de

Chachou Boys : l’école qui a précédé l’artiste solo

Avant de construire son identité en solo, Jah Payo a connu l’expérience d’un groupe qui a compté dans le paysage musical haïtien : Chachou Boys.

Cette période représente une véritable école.

Elle lui a permis de découvrir les exigences du travail en équipe, les réalités de la scène, le contact avec le public et l’univers particulier du carnaval.

Pour un artiste en construction, ces expériences peuvent être déterminantes.

La scène apprend à maîtriser la présence. Le collectif apprend l’écoute. Le public apprend l’humilité.

Même si, aujourd’hui, chacun des membres a suivi son propre chemin, Jah Payo considère cette période comme une partie importante de son parcours.

Une étape qui ne disparaît pas simplement parce qu’elle appartient au passé.

Elle devient plutôt une fondation.

Une identité forgée entre héritage et modernité

Jah Payo ne revendique pas une musique enfermée dans une seule formule.

Son univers s’inspire profondément de la culture haïtienne tout en restant ouvert à des sonorités plus modernes.

Ses premières influences musicales viennent notamment de Ragamorfin, mais aussi de groupes tels que King Posse et Chachou Boys.

À cela s’ajoutent les grands artistes haïtiens qu’il a écoutés au fil des années, parmi lesquels Mika Ben, dont l’univers a également contribué à nourrir son imaginaire.

Mais l’influence n’est pas la reproduction.

Chez Jah Payo, elle semble plutôt fonctionner comme une mémoire musicale : ce que l’on écoute pendant des années finit par laisser des traces dans notre manière de penser, d’écrire et de créer.

L’artiste cherche donc à transformer ces influences en quelque chose qui lui appartient.

Son ambition n’est pas de courir derrière chaque tendance.

Il préfère construire une identité reconnaissable, avec le temps.

Jah Payo, un artiste qui veut raconter

Derrière les mélodies, il y a un message.

Jah Payo souhaite parler d’espoir, d’amour et de motivation, mais également des réalités auxquelles la jeunesse est confrontée.

Ses chansons cherchent à rappeler qu’un rêve peut survivre aux difficultés.

Que l’échec ne signifie pas nécessairement la fin.

Et que les obstacles peuvent parfois devenir des étapes sur le chemin de la construction personnelle.

Cette volonté de transmettre n’est pas étrangère à son propre parcours.

Comme beaucoup d’artistes indépendants, il a dû composer avec le manque de moyens, les difficultés du milieu musical et la nécessité de rester constant.

Ces expériences ont contribué à faire évoluer sa manière de voir la musique.

Chaque épreuve devient alors une possibilité de création.

Chaque souvenir peut devenir une phrase.

Chaque émotion peut devenir une mélodie.

Chez Jah Payo, la musique semble être moins une fuite du réel qu’une manière de le regarder autrement.

« Ti BAZ » : quand un lieu devient une histoire

Puis vient Ti BAZ.

Un titre simple en apparence, mais chargé de sens.

Pour Jah Payo, le « Ti BAZ » représente ces petits espaces de vie où les gens se retrouvent.

On y discute. On y travaille. On y étudie. On y rit. On y partage des moments.

Parfois, on y rencontre quelqu’un qui changera une partie de notre histoire.

Le « Ti BAZ » devient ainsi le symbole d’une jeunesse qui cherche à vivre, à rêver et à construire malgré les réalités qui l’entourent.

Il représente aussi cette simplicité que l’on oublie parfois en grandissant.

Les conversations sans fin. Les moments improvisés. Les amis. Les histoires d’amour.

Les souvenirs qui paraissaient insignifiants lorsqu’ils étaient vécus, mais qui prennent une valeur différente avec le temps.

Un petit espace peut contenir une grande partie d’une vie.

Huit morceaux, un seul récit

L’EP Ti BAZ compte huit titres.

Mais Jah Payo n’a pas voulu que ces morceaux fonctionnent comme une simple succession de chansons.

La construction de la tracklist a été pensée avec une attention particulière portée à l’ordre des titres et à la progression de l’écoute.

Chaque morceau apporte une énergie différente. Chaque étape révèle une facette de son univers.

L’objectif est de permettre à l’auditeur de ressentir une évolution, comme s’il avançait progressivement à travers plusieurs chapitres d’une même histoire.

Cette dimension narrative correspond parfaitement à la manière dont Jah Payo conçoit son art.

Il ne veut pas uniquement produire des chansons.

Il veut raconter.


« Ti BAZ », le cœur symbolique du projet

Parmi les huit morceaux, « Ti BAZ » occupe une place particulière.

Le titre renvoie directement à cette idée d’un espace où la vie se déroule dans sa forme la plus spontanée.

Il peut être un lieu de travail, d’étude, de rencontres, de plaisir ou de souvenirs.

Mais il peut également devenir une métaphore de la jeunesse elle-même : un endroit temporaire où l’on apprend, où l’on aime, où l’on rêve et où l’on prépare la suite.

C’est cette dimension qui donne au morceau une portée plus large.

Car derrière le « Ti BAZ » de Jah Payo, chacun peut reconnaître son propre espace de souvenirs.

Une œuvre collective derrière une signature solo

Même si Ti BAZ ne comporte pas de collaborations au sens traditionnel du terme, le projet est loin d’être le travail d’un seul homme.

Plusieurs artistes et professionnels ont participé à sa conception.

  • Eto — chœurs
  • Cliff — écriture
  • Briyoo — contribution artistique et touche féminine
  • Kyky Ti Micky — productions et instrumentales, entre autres contributions

Cette dimension collective rappelle une réalité fondamentale de la création musicale : derrière un artiste que l’on voit seul sur une pochette, il existe souvent toute une équipe invisible qui participe à donner une forme au projet.

Des mois de travail pour donner vie à une vision

La conception de Ti BAZ s’est étendue sur plusieurs mois.

Écriture, enregistrement et production ont nécessité du temps, de la patience et de nombreux ajustements.

Mais le véritable défi était ailleurs : parvenir à maintenir un équilibre entre la qualité artistique, les moyens disponibles et la vision personnelle de l’artiste.

Cette difficulté est particulièrement présente dans les parcours indépendants.

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