Un rappeur, une vision, un EP : Malcolm Ayiti annonce “Underground”, prévu pour le 10 décembre 2025

Kouvèti Atik - 12

Dans un paysage musical haïtien souvent dominé par l’immédiateté et la quête de popularité, certains artistes choisissent une voie plus rare : celle de la profondeur, de la cohérence et de la sincérité. Malcolm Ayiti appartient à cette minorité exigeante, animée par une quête intérieure et un rapport authentique à l’art. Avec Underground, son tout premier EP dont la sortie est prévue pour le 10 décembre 2025, il ouvre un nouveau chapitre de son univers artistique : plus structuré, plus intime, plus affirmé.

Un artiste façonné par l’histoire, la rue et la connaissance

Derrière le nom Malcolm  se trouve Sylvester Jimmitry Marius, un jeune artiste de 24 ans originaire de Port-au-Prince, précisément de Portail Léogâne. Journaliste de formation, étudiant en sociologie à la Faculté des sciences humaines (UEH), comédien au sein de la compagnie Palto Vanyan depuis 2021 et rappeur passionné, il fait dialoguer plusieurs mondes : l’académique, le social, le théâtral et l’urbain. Cette pluralité nourrit sa sensibilité artistique et façonne une voix singulière dans le paysage hip-hop haïtien.

Le pseudonyme “Malcolm”, adopté dès 2016 à ses débuts dans le slam, rend hommage à Malcolm X, figure de lutte et de conscience qui a marqué son imaginaire. Pour lui, ce nom est davantage qu’une identité : c’est une posture, un héritage spirituel, un engagement.

Quand il décrit l’artiste qu’il est, il utilise trois mots : Underground. Rue. Passionné. Cette trilogie traverse chaque texte, chaque performance, chaque prise de parole.

Une musique née du vécu, de l’émotion et de la nécessité

L’amour de Malcolm pour la musique s’enracine dans son enfance, à l’époque où Barikad Crew, Magic Click, et d’autres pionniers imposaient une voix forte dans le rap haïtien. Inspiré par son entourage  son frère Jeff, ses cousins Norisner, Jefferson et d’autres  il découvre très tôt la puissance du rap comme espace d’expression.

En 2016, il entre dans l’univers du slam. En 2019, la transition vers le rap devient naturelle, nourrie par le contexte sociopolitique d’Haïti et par l’urgence de dire le réel. Son premier passage sur scène, le 18 mai 2016, reste un moment fondateur : un mélange d’appréhension, de fierté et de soutien familial, accompagné de ce rappel essentiel : « Reste à l’école. » Cette discipline le suivra longtemps.

Entre 2023 et 2025, Malcolm affirme avoir véritablement trouvé son identité artistique en travaillant avec Tensai sur Underground, après des années d’expérimentations, de tâtonnements et d’essais sur des beats téléchargés.

Underground : un manifeste artistique

Avec Underground, Malcolm ne cherche pas la tendance : il affirme une vision. Pour lui, ce projet est :

  • un espace d’expression totale, sans compromis ;
  • un hommage clair à ses influences : Barikad Crew, Magic Click, NGS, Scylla, Lino, Furax, DRZ, ORS, Rap’n Family… ;
  • un refus des codes mainstream, trop souvent dictés par la superficialité ;
  • une affirmation profonde, à la fois intime, egotrip et politique.

Travaillé sur une période de deux ans, cet EP est un pied posé fermement dans le hip-hop le plus authentique. Sur son rapport à l’écriture, il confie : « Je rappe ce que je vis. Mes émotions traversent les textes. C’est un aller-retour permanent entre la vie et l’écriture. » Parmi les morceaux les plus personnels, Malcolm cite « Enpas », qui raconte une partie de son histoire, et « Pwomès », une chanson marquée par une relation faite d’amour, de sacrifices et de vulnérabilité.

Son public, fidèle et réactif, reconnaît en lui une voix honnête, une plume solide. La communauté s’élargit, s’attache, s’identifie. Et tous attendent Underground avec impatience. Une connexion organique avec sa communauté Malcolm touche son public partout : dans la rue, à l’université, sur les réseaux sociaux, en concert, dans les espaces culturels. Cette diversité crée une fanbase vivante, engagée, organique.

Ce qu’il souhaite pour ceux qui l’écoutent est simple : qu’ils se sentent mieux après avoir entendu sa musique, qu’elle serve de refuge, de respiration, de thérapie. L’un de ses souvenirs les plus marquants reste son concert du 23 décembre 2020 au Centre Culturel Cinémathèque, un moment où il a senti sa connexion avec le public se transformer en certitude.

À sa communauté, il adresse un message fort : « Merci de toujours rester accrochés. Cet EP, avec tous les sacrifices qu’il contient, est pour vous. »

Un avenir clair : construire une communauté hip-hop

Dans cinq ans, Malcolm se projette en train de :

  • défendre Underground sur scène ;
  • bâtir une véritable communauté hip-hop ;
  • multiplier les concerts, open mics, freestyles ;
  • inspirer les jeunes des quartiers populaires ;
  • offrir une musique qui élève, qui soigne, qui laisse une empreinte durable.

Il veut être perçu comme un jeune passionné, déterminé, humain  quelqu’un qui avance droit malgré les tempêtes.

Message final : pour les jeunes et pour Haïti

À la jeunesse qui rêve de suivre sa voie, Malcolm lance ce conseil : « La musique n’est pas facile, surtout en Haïti. Faites-la avec amour et passion. Restez à l’école. »

Et il conclut avec l’annonce la plus attendue : « Mon EP sort le 10 décembre 2025. Soyez prêts. Beaucoup d’amour. »

 

Le pseudonyme “Malcolm”, adopté dès 2016 à ses débuts dans le slam, rend hommage à Malcolm X, figure de lutte et de conscience qui a marqué son imaginaire. Pour lui, ce nom est davantage qu’une identité : c’est une posture, un héritage spirituel, un engagement.

Quand il décrit l’artiste qu’il est, il utilise trois mots : Underground. Rue. Passionné. Cette trilogie traverse chaque texte, chaque performance, chaque prise de parole.