« NEG » : L’album manifeste de Zoegar Wata Afrika qui réveille la fierté, les racines et l’esprit d’Haïti
Zoegar Wata Afrika est un artiste vodouisant bourré de talent, doté d’une voix exceptionnelle. De son vrai nom Bertin Dieuvilleson, il est originaire de Port-de-Paix, plus précisément de Grande Savane, dans un quartier surnommé Kasav.
Il entame sa carrière musicale en 2010, mais c’est en 2014 qu’il se fait réellement connaître dans le département du Nord-Est avec un titre marquant intitulé “Alepòk“. Cependant, c’est avec la chanson “Kongo Baya” qu’il explose sur la scène, révélant toute la profondeur de son univers artistique.
Son premier album, intitulé “NEG“, est sorti le 5 juillet 2025. Un projet engagé qui nous invite à nous reconnecter à nos racines. L’idée derrière cet opus, selon l’artiste, est de rappeler au peuple haïtien d’où il vient : « Nous sommes le premier peuple à s’être libéré, à avoir vaincu l’armée napoléonienne. Nous avons ouvert la voie de l’amour et du partage à travers le monde. »

Concernant l’inspiration de l’album, Zoegar confie :
« Ce qui m’a inspiré, c’est le fait que je me considère comme un élu, en tant qu’artiste haïtien. J’ai une dette envers mes ancêtres. Ils m’ont légué un héritage, que je choisis de porter et d’honorer à travers l’expression colorée de la culture haïtienne. »
Zoegar est un Artiste polyvalent, il explore plusieurs rythmes, mais se spécialise dans la musique inspirée du vodou haïtien, avec des influences comme le yanvalou, le pétro, le nago, et le kongo. Il fusionne ces racines avec des genres tels que l’afro, le blues, le reggae, donnant naissance à un yanvalou de haut niveau, empreint de spiritualité, de revendication et de fierté identitaire.
Dans cet album, les styles musicaux dominants sont : racine, yanvalou, reggae, blues, afro avec une touche particulière — un seul morceau en zouk konpa. Zoegar Wata Afrika a collaboré avec neuf artistes sur ce projet d’envergure : Fantom, Fredelin François, Maître JB, Wadner Peyizan, Locah Gyal, Fran G, Phat Do, Don MX, et Sakad Vatikan. La production de l’album a été assurée par Fredelin François.

Le message central que l’artiste souhaite transmettre à travers cet opus est clair : aime-toi, aime ton pays. Seuls les Haïtiens peuvent bâtir Haïti, et non une autre nation. Le pays est riche de ses ressources, de sa culture, de son âme — il est impératif d’apprendre à l’aimer et à le valoriser. Il insiste : « Respectez ce que vous êtes. Nous sommes Haïtiens, nous sommes des vodouisants. Il est temps de retourner aux racines pour puiser l’énergie, capter la force spirituelle de nos ancêtres afin d’avancer. »
L’album contient 18 titres. Lorsqu’on lui demande ses morceaux préférés, il explique ne pas avoir de réelle préférence, mais cite trois chansons qui l’ont profondément marqué : Sou ou m konte, Vwa Ginen et Hello des titres porteurs de sens, de vécu, et d’émotion forte.
Quant à la différence entre ses anciens morceaux et ceux de cet album, l’artiste est lucide : ses premiers titres lui ont offert une belle ouverture, lui permettant de se faire une place et d’attirer des fans sensibles à sa mission celle de peindre, de défendre et d’élever la culture haïtienne. Il cite notamment Kongo Baya comme une œuvre ayant forgé son identité artistique et historique.
Mais au-delà de cela, un album reste un album : c’est une œuvre qui marque le passage d’un artiste, une trace indélébile de sa mémoire et de son héritage musical dans l’histoire de la musique haïtienne.

Après un long parcours semé d’embûches, Zoegar Wata Afrika a finalement donné naissance à son tout premier album, « NEG », un projet profondément enraciné dans l’identité, la spiritualité et la résistance haïtienne.
« J’ai rencontré beaucoup de difficultés après avoir enregistré l’album. Il m’a fallu trois ans pour en venir à bout, l’album se perdait et se retrouvait sans cesse dans les studios. Mais cette année, j’ai enfin pu l’accoucher », confie l’artiste avec émotion.
Depuis sa sortie, les retours sont unanimement positifs. Le public salue la qualité de la production, la richesse musicale, la profondeur des textes, et surtout l’âme que porte l’ensemble du projet. « Tout le monde l’apprécie, c’est un album qui parle, qui touche, qui guérit », dit-il.

« NEG »est un album hautement personnel. Zoegar y transmet des messages intimes, des clins d’œil à ceux qui l’ont blessé ou aidé, mais aussi des invocations spirituelles. Plusieurs morceaux sont directement dédiés aux esprits, à ses ancêtres, comme un dialogue invisible avec l’au-delà.
Il espère que l’ensemble de l’album devienne populaire, mais pour le moment, les morceaux les plus marquants selon le public sont : « Hello », « Vwa Ginen », « NEG » et « Masaj ».
En ce qui concerne l’avenir, Zoegar ne compte pas s’arrêter là. Il travaille déjà sur son deuxième album intitulé « Koneksyon », prévu pour juillet 2026.
Côté visuels, cinq clips sont en préparation pour accompagner et illustrer la vision spirituelle et culturelle de ce projet profond.
Zoegar Wata Afrika confirme sa place parmi les voix essentielles de la musique racine haïtienne.

Fondatè & Redaktè Tapiwouj Magazine
