François Vladimir : Une vision cinématographique née dans les rues de Pétion-Ville
François Vladimir, vidéaste, réalisateur, coloriste, photographe et pilote de drone, est l’un des talents visuels les plus prometteurs de sa génération en Haïti. Né le 25 avril à Pétion-Ville, il débute officiellement sa carrière en 2013 et ne cesse, depuis, d’impressionner par sa polyvalence et sa capacité à capter l’essence des histoires qu’il filme.
Le début d’une vocation : un simple coup de caméra
Ce n’est pas dans une église ni dans une école de cinéma que naît la passion de François, mais devant chez lui. Un jour, en observant son petit frère et des amis interpréter Welcome to My Hood, il décide d’attraper une caméra et de filmer. Ce moment spontané va déclencher une vocation : l’image devient un langage, et lui, un messager.
Le projet “Diferans Blòk” : le clip qui attire les regards
Le 13 décembre 2013, il marque un tournant avec Diferans Blòk, une vidéo qui met en scène des jeunes de Pétion-Ville, Port-au-Prince, Cité-Soleil et Jérémie, réunis dans une émission improvisée pour parler de leur quartier. François est à la fois l’idéateur, le réalisateur et le journaliste, prêtant même sa voix pour mener les interviews. Ce projet devient viral dans les milieux urbains et lance véritablement sa carrière.

Un parcours académique structuré, une passion cultivée
François suit une formation classique : études primaires à l’Institution Mixte Sainte-Josèphe, secondaires au Collège Mixte Première Église Chrétienne, puis il décroche son bac avec mention avant d’intégrer l’Université Centre Polytechnique d’Haïti, en génie civil.
En parallèle, il se forme au montage vidéo, à la colorisation, au maniement de drones, et à la réalisation documentaire. Il rejoint par la suite la Fondation Saint-Luc (Inter Haiti), pour laquelle il produit des documentaires pendant plusieurs années.
Polyvalence et collaborations marquantes
Aujourd’hui, François cumule plusieurs casquettes : vidéaste, monteur, photographe, coloriste et pilote de drone. Il a collaboré avec une trentaine d’artistes, parmi lesquels Kenfs, 35 Zile, Vag Lavi, Opak, Bob Cailloux, BlazyMatiq, Kadilac, Dutty, Kanis, Pastè Blaze, et Bedjine.
Il estime que ce n’est pas un seul clip qui l’a rendu visible dans l’industrie, mais plutôt ses collaborations constantes, notamment avec Kenfs, qui l’ont propulsé et l’ont fait remarquer par d’autres artistes.
Une vision nourrie d’influences variées
François s’inspire autant de vidéastes haïtiens qu’internationaux. Il cite Mrs Bens, Reginald Georges et Abdias Laguerre comme figures locales marquantes. Mais il n’a pas de “modèle” figé : il observe le travail de vidéastes américains, africains et caribéens pour enrichir sa propre esthétique.
Un regard tourné vers l’avenir
Bien qu’il n’ait pas encore tourné de clips à l’étranger, François a déjà réalisé des projets pour des clients américains et français venus en Haïti. Il se prépare à franchir la frontière, fort de cette expérience locale solide.
Son plus grand rêve ? Créer une grande maison de production audiovisuelle en Haïti, dans la lignée de ce que des pionniers comme Muska et Graphcity ont amorcé. Il veut que cette structure produise du cinéma local de qualité, tout en formant de jeunes créateurs.

Des fiertés, des défis, et des leçons
Parmi ses clips préférés, il cite “Allo Bondye” de Pan Funny, un projet fort, audacieux, qui lui a valu le respect de plusieurs réalisateurs. Le tournage le plus difficile ? “Pitit Imakile“, un clip tourné à La Tortue sous une tempête, à bord d’un bateau en mauvais état. Une nuit en mer qu’il n’oubliera jamais.
Un esprit de collaboration
François ne travaille pas seul. Il a co-réalisé plusieurs clips avec Winsfilm (République Dominicaine), a été contacté par Wildrey en 2019 pour collaborer sur des projets majeurs comme “Kay Blan” (Wendy), “Mwen Regret Anpil” (Kadilac), et “Preferem” (Kadilac x Bedjine), dont il a géré tous les plans tournés en Haïti.
François Vladimir est bien plus qu’un vidéaste. Il est un architecte de l’image, un passeur de culture, un rêveur méthodique. Il représente cette génération de créateurs haïtiens qui ne se contentent pas d’observer le monde : ils le racontent, l’élèvent et le transforment à travers la caméra. Un nom à retenir, un regard à suivre.

Wenzor PIERRE fèt yon 8 fevriye nan kapital peyi Dayiti, Pòtoprens. Lap viv nan depatman sant, Mibalè. Li te etidye syans Jesyon nan inivèsite INUKA.
Wenzor se yon mizisyen, redaktè, pwofesè lang ak biyoloji epi yon biznisman.
